Le géant du rap et la star du R’n’B se sont produits dans une Paris La Défense Arena bondée le 15 juillet. Alternant duos et séquences solos, les deux complices ont enchaîné les titres pendant trois heures. Quitte, parfois, à frôler l’écœurement.

Kendrick Lamar et SZA, lors de leur performance au Super Bowl, le 9 février. Kendrick Lamar et SZA, lors de leur performance au Super Bowl, le 9 février.

Kendrick Lamar et SZA, lors de leur performance au Super Bowl, le 9 février. Photo Michael Owens/Getty Images

Par Jean-Baptiste Roch

Publié le 16 juillet 2025 à 07h45

Mis à jour le 16 juillet 2025 à 09h41

De son dernier passage en France, en octobre 2022 sur la scène de l’Accor Arena, on avait gardé de Kendrick Lamar l’image d’un artiste d’avant-garde, repoussant les limites de son art et capable des audaces les plus folles. On avait assisté, stupéfait, à un opéra rap oscillant entre le théâtre expérimental, la performance et l’art vidéo, lardé de vindictes frondeuses et de basses bourdonnantes. Trois ans plus tard, le rappeur auréolé de cinq nouveaux Grammys (Oscars de la musique) n’a pas baissé le volume sonore, mais il aspire visiblement à plus de simplicité.

Au point cette fois de partager l’affiche avec SZA, star R’n’B pop et fidèle complice, depuis une première collaboration en 2014. Deux concerts au lieu d’un seul ? D’Eminem et Rihanna, l’espace de quelques dates américaines en 2014, à Jay-Z et Beyoncé, en passant par Nas et le Wu-Tang Clan, le concept de la double affiche séduit régulièrement les promoteurs de concert, avec des perspectives évidentes : rassembler un public plus large, en croisant les communautés de fans. Mais un fiasco est vite arrivé. Deux jours avant, dans cette même Paris La Défense Arena, la double affiche, le rappeur 50 Cent et la chanteuse R’n’B Mary J. Blige, n’a pas attiré les foules.

Hier soir, mardi 15 juillet, pour la première de leurs deux dates parisiennes, Kendrick Lamar et SZA peuvent se targuer d’avoir fait salle comble. Et les quarante-cinq mille spectateurs en ont eu pour leur argent : trois heures de show et cinquante-deux chansons réparties en neuf actes, au cours desquelles les deux artistes ont alterné les séquences en solo, et quelques titres en duo. Sur le papier, c’était sans doute une bonne idée.

Tout comme celle de laisser le soin à Kendrick Lamar d’ouvrir les hostilités. Jean large aux motifs scintillants, veste noire, le rappeur de Compton débarque au volant de sa GNX, le bolide fétiche qui donne le nom à son dernier album. Passé les premières mesures flamencas de Wacced Out Murals, le son massif étreint les corps. Sur l’écran qui court de part et d’autre de la scène, les séquences vidéo de Lamar répondant à des questions malaisantes s’avèrent inaudibles. Mais lui est là pour en découdre : le génial Squabble Up et son refrain lancinant font bondir la salle dans un déluge de basses, amplifiées par la réverb infernale de la salle.

À peine le temps de reprendre son souffle qu’il accueille SZA, pour 30 for 30, premier duo du soir. La complicité est évidente. À elle les refrains fragiles et sucrés, à lui les salves de mots débités tambour battant. Vient ensuite l’enivrant Love Galore, tiré de Ctrl, premier album (2017) qui révéla SZA. Le mur de verdure projeté sur l’écran tranche avec le dénuement noir et blanc de son acolyte, mais la crooneuse a manifestement choisi d’inscrire ses complaintes existentielles dans un décor coloré. À peine le temps de se dire que sa mixture R’n’B pop, comme sur album, souffle le chaud et le froid que, déjà, Lamar fait son retour sur scène. Alternant titres récents (Hey Now, Reincarnated) et hits passés (Humble, Alright), le rappeur de Compton remonte même à ses débuts avec l’excellent m.A.A.d City, sur lequel il rend hommage au Sweet Love de la chanteuse soul Anita Baker.

Lorsque SZA surgit quelques titres plus tard, chevauchant une fourmi géante (un clin d’œil à Beyoncé et son cheval argenté ?) dans un décor mêlant ambiances champêtres et motifs psychédéliques, le temps s’étire soudainement. Comme pour réveiller un public assommé par les envolées de guitares ad nauseam du groupe qui accompagne sa comparse, Lamar trace sa route et aligne ses « banger » ultimes (DNA ; Bitch, Don’t Kill My Vibe). SZA a beau dégainer son fameux Kill Bill, hit revanchard sur un ex qu’elle se verrait bien dessouder, appuyant son propos avec des images d’une mante religieuse, l’écœurement commence à poindre sous la masse d’arrangements boursouflés. Not Like Us, le titre de Kendrick Lamar qui a scellé sa victoire dans la joute verbale avec Drake au cours de l’année 2024, parvient à mettre le public en ébullition une dernière fois. Mais au bout de cinquante-deux titres, la lassitude affleure. Sur le papier, c’était une bonne idée de lui adjoindre sa complice de studio. Dans la réalité, ça l’était moins.

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